Deux syndicats de de la compagnie aérienne Air Algérie, l’UGTA et le syndicat des pilotes de lignes algériens (SPLA), tirent la sonnette d’alarme et expriment « le désarroi et la profonde inquiétude » du personnel de la société. Les auteurs d’un communiqué diffusé ce samedi 28 novembre 2020 ont appelé à la reprise des vols domestiques.
Les syndicats se sont dits « inquiets » du devenir d’Air Algérie, « dans la mesure où notre compagnie s’est limitée à la réalisations de quelques vols de rapatriement à perte et l’activité cargo » depuis la fermeture des frontières en mars 2020, en raison de l’épidémie de coronavirus.
« D’autres compagnies transportent des passagers de et vers l’Algérie à des tarifs exorbitants, souvent exigés en devises (…) une situation préjudiciable pour Air Algérie », lit-on encore dans le communiqué, qui cite un « manque à gagner sur le court terme et perte de clientèle sur le moyen terme. »
Les deux syndicats ont aussi fait part de leur surprise « d’apprendre par les médias, des décisions annonçant la création de compagnies privées et ne maintenir la compagnie Air Algérie que sur l’international, en excluant tout support financier ». Début octobre, à l’issue du Conseil des ministres, une réouverture des aéroports intérieurs fermés et de la création de compagnies spéciales ont été annoncées dans un communiqué.
« Asphyxiée sur le plan financier, Air Algérie verse de ses fonds propres les salaires de 10.000 travailleurs, contrairement à des compagnies qui sont passées sans attendre à des mesures sociales douloureuses », poursuivent les deux syndicats, qui se plaignent que Air Algérie est « attaquée sur les médias, étant qualifiée de gouffre financier ».
Le personnel de la compagnie est ainsi sujet à un « désarroi total et une profonde inquiétude sur son devenir, accentuées par les rumeurs de liquidation ».
« Les syndicats interpellent les pouvoirs publics en toute urgence pour reprendre ses activités et rouvrir les vols domestiques ». Les auteurs du communiqué y voient trois bonnes raisons à le faire, à savoir « faciliter les conditions de transport à nos compatriotes du sud », la « mise en place du protocole sanitaire » en guise de test en vue d’une réouverture des frontières malgré le coronavirus, dont l’épidémie « dure dans le temps » et le maintien de « l’état de navigabilité de la flotte et les compétences du personnel ».
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